Stefan Sobkowiak, le miracle de la biodiversité

Stefan Sobkowiak, le miracle de la biodiversité

L’interview avec Stefan a lieu au déjeuner lors de la Convergence de permaculture. Il régale généreusement nos voisins de table avec le jus de pomme unique issu de plus d’une vingtaine de variétés récoltées dans son verger, les Fermes Miracle. Une délicieuse entrée en matière pour cette rencontre avec un homme qui tient à retrouver le plaisir de bien manger : « des fruits qui donnent le sourire ».

Avant d’en arriver à créer le plus grand verger commercial en permaculture d’Amérique du Nord, Stefan a reçu des formations en écologie à Montréal avec Stuart Hill, créateur du centre de ressources pour l’écologie à l’université Mc Gill (Projet pour une Agriculture Écologique). Il fait ensuite une maîtrise en comportement animalier et en architecture de paysages. Passionné, il découvre avec émerveillement les ouvrages de Bill Mollison au centre de ressources de l’université. Il fonde ensuite un bureau d’architecture paysagère spécialisé en design pour attirer les oiseaux.

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Le début des Fermes Miracle

C’est en 1993 que Stefan reprend un verger de pommiers en monoculture de 12 acres à St Anicet (Montérégie) pour le convertir en bio. En 2007, il crée sur la terre un verger d’auto-cueillette inspiré des principes de la permaculture sur une superficie de 5 acres, une innovation au . « Ce lieu novateur est avant tout un laboratoire d’expérimentation. » nous explique Stefan.

En effet, il cherche à avoir le plus de diversité possible pour pouvoir sélectionner les cultivars les mieux adaptés. On y trouve plus d’une centaine de variétés de pommes, 18 variétés de poires, des prunes, pêches, cerises, asiminiers, kiwis rustiques, raisins et petits fruits ainsi qu’une myriade d’herbes aromatiques et de légumes pérennes. Toutes ces espèces sont combinées harmonieusement dans les « allées d’épiceries » du verger pour donner des récoltes synchrones et se compléter dans leurs fonctions biologiques.

La faune n’est pas en reste. En tant que biologiste, Stefan tient particulièrement à créer des habitats pour enrichir la biodiversité animale. « C’est selon moi un indicateur de la santé d’un écosystème. Plus de 150 nichoirs sont installés pour attirer les couples d’oiseaux dans mon verger. Ils sont parfois utilisés par des insectes, et c’est correct! » précise-t-il.

il y a aussi un projet de « biotope » en cours qui permettra de fournir un abri utilisable par une multitude d’espèces pendant les quatre saisons et sera situé au cœur du verger.

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La permaculture est surtout une affaire d’attention et d’essais

Un piège à insecte conçu à la ferme en est par exemple à sa neuvième version.

Pour faire profiter de son expérience très concrète aux jeunes générations de permaculteurs et leur faire sauver « des années de travail et des milliers de dollars », Stefan a transmis son expérience dans un film, “Le Verger Permaculturel: au delà du Bio” réalisé avec le cinéaste Olivier Asselin (www.vergerpermaculture.com). Il y révèle ce qu’il a appris au fil des années de manière très pratique, du travail du sol au greffage en passant par l’organisation des allées, c’est donc une ressource extrêmement précieuse pour tous ceux qui veulent en apprendre plus sur la tenue d’un verger écologique. Par ailleurs, Stefan enseigne aux étudiants du PDC +, une formule du PDC (Permaculture Design Course) bien ancrée dans la pratique au fil des saisons (www.pdcplus.org), donne des cours de trois jours sur les forêts nourricières et accueille quelque stagiaires de longue durée à la ferme.

Energisé et encouragé par le grand rassemblement qu’est la Convergence, le nombre croissant de jeunes qui s’intéressent à la permaculture lui donne confiance en l’avenir. Cette discipline représente selon lui une solution à la plupart des problèmes écologiques car elle peut servir à créer des systèmes plus résilients dans de nombreux domaines autres que l’agriculture, comme le bâtiment ou la prise de décision dans les sociétés.

Pour conclure, Stefan s’adresse à tous ceux qui voudraient se lancer dans un projet en permaculture : « Ne jamais arrêter d’apprendre, mais surtout, faire!

On est encore à l’étape essais-erreurs et on doit avancer. »

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