Retour sur la retraite des formateurs de permaculture du Nord-Est de l’amérique

Retour sur la retraite des formateurs de permaculture du Nord-Est de l’amérique

Cet automne, Philip Zoghbi (fondateur du projet Mycorhize) et moi (Pierre Robichaud, impliqué dans Mycélium depuis 2014) sommes allés à la retraite des formateurs de permaculture dans l’état de New York organisé par PAN (Permaculture Association of the NorthEast). Nous tenons à partager avec l’écosystème du Québec ce qui se passe en terme de tendances, et ainsi continuer à tisser des liens bio-régionaux avec nos voisins du Sud.

group-14700757_970864078933_7772056387680308626_o

L’expérience a été enrichissante et nous en sommes ressortis inspirés par l’effort que PAN consacre à structurer un réseau de practiciens en cohérence avec les valeurs que prônent la permaculture. Je crois que l’on peut apprendre des expériences et des apprentissages de ce réseau pour se questionner sur comment on collabore ensemble au Québec pour promouvoir et propager la permaculture. Les gens présents ont démontré un grand intérêt à continuer à tisser des liens avec le réseau du Québec, c’était une des raisons pour laquelle la convergence du Nord-Est a fait un arrêt à Frelighsburgh en 2013. (À noter que PAN aimerait avoir des représentants du Québec/Est du Canada sur son conseil d’administration, où à la coordination de l’organisme. Contactez les si vous êtes intéressés)

Voici un résumé des éléments marquants du week-end:

Appel à l’équité

Diversité et storytelling:

Nous avons eu une formation d’une journée offerte par les facilitateurs de Relational Uprising sur la diversité et comment l’approche du storytelling (histoire narrative) peut aider à créer des relations au lieu de la séparation. Cette volonté de traiter de la diversité est ressortie de la première convergence Nord-Américaine de permaculture où deux groupes (Gens de couleurs et Alliés) se sont formés pour rédiger un manifesto pour adresser les enjeux de diversité et de racisme à l’intérieur du mouvement de la permaculture. (lien vers le manifesto). Cette formation nous a servi de fondation pour entrer en relation authentique et nous a donné des outils pour travailler ensemble.

 

bonfire

Décolonisation de la permaculture:

Plusieurs activités et groupes de discussions se sont formés autour du thème de la décolonisation de la permaculture. Pour les gens présents, il était important de reconnaître notre part de responsabilité historique dans la colonisation et comment cela a mené à la perte des cultures pré-coloniales. Après avoir reconnu notre rôle dans les schémas coloniaux, la prochaine étape sera d’entamer une démarche de «réparation» qui passe avant tout par le changement de nos attitudes oppressives, qu’elles soient volontaires ou non.

Plusieurs propositions ont été faites pour entamer cette réparation:

  • Intégrer des formations anti-oppression dans les événements et les formations de permaculture, comme une façon de reconnaître nos privilèges.
  • aller aux événements organisés par les gens issus de communautés marginalisés pour créer des liens au lieu de se demander pourquoi ils ne viennent pas à nos événements.
  • Éviter la pratique de “tokenization”, et d’appropriation culturelle.
  • Comprendre que nous faisons partie d’une culture extractive et destructive contrairement à plusieurs (pas tous, bien sur) peuples précoloniaux, et que nous avons plus à apprendre qu’à leur enseigner.

Ré-indigénisation des permacultures:philip-sous-groupe

On peut re-raconter l’histoire de la permaculture, et prendre en compte qu’il est dangereux de recréer une mono-culture à
travers une histoire unique (“The danger of a single story”). Il nous est possible de raconter plusieurs histoires, et l’on peut ainsi parler de
permacultures au pluriel.

  • Reconnaitre l’apport des cultures précoloniales à la «permaculture» et que ces peuples pratiquaient déjà une forme de permaculture.
  • Reconnaître que Bill Mollison et David Holmgren n’ont pas inventé la permaculture, et qu’il se sont plutôt inspiré des techniques utilisées par différentes cultures à travers le monde.
  • Vers une intention d’inclusion réelle : “Undoing racism is not just about including people in workshops but giving them the possibility to be organizers. People are gonna go to workshops that they identify to and follow leaders they identify to.”  (citation)

lisaConception consciente de la culture

Dans un contexte de décolonisation, la conception consciente de la culture vise à réinventer nos comportements consciemment pour en créer qui soient plus équitables et respectueux envers les autres humains et formes de vie. Cela nous permettra de passer du concept de la propriété à au concept de la responsabilité – vis-à-vis le territoire, les objets, les humains, etc. et ainsi favoriser l’interdépendance plutôt que l’auto-suffisance.

Desinstitutionalisation: de la gouvernance à l’autogestion

Nous avons revu comment les différentes structures autour de la permaculture ont évolué dans le monde et dans le temps, et nous nous sommes positionnés pour une approche qui nous permettra de créer des organisations vivantes soutenues par une communauté au lieu d’une approche institutionnelle. C’est pour cela que PINE (Permaculture Institute of the North East) a récemment changé son nom pour PAN (Permaculture Association of the NorthEast) afin de favoriser l’émergence de structures démocratiques comme une alternative aux structure hiérarchiques à saveur patriarcales. Plutôt que certaines personnes aient la responsabilité d’organiser pour tout le monde, que tout le monde organise pour soi-même et les proches. Moins de poids sur les épaules de quelques personnes, plus représentatifs des vrais besoins, plus standardds-of-qualityproche et donc respectueux des gens, moins d’abus, etc.

Mettre en place des standards de qualité par et pour les pairs:

Nous avons choisi de soutenir des standards de qualité définis et soutenus par un réseau de praticiens afin de créer une culture d’entraide et d’ouverture entre les praticiens. Créer une culture de l’amélioration continue non pas basé sur un système de police, mais sur une co-création de standards qui évoluent. Une grande ouverture a été démontré à décloisonner le concept du PDC.

Relating permaculture to people’s own experience:

En effet, la permaculture n’est rien d’autre qu’un agent liant, un cadre pour la mise en place d’une culture permanente. Ce n’est pas un ensemble de techniques ou de pratiques mais des éthiques qui se veulent la base d’une infinité de techniques et pratiques qui sont à définir librement selon le contexte dans lequel elles sont conçues et appliquées.

Traverser les frontières culturelles


L’effet de bordure:

Créer des opportunités pour faire rencontrer des gens de différents cultures, milieux, classe socio-économique,

lisa-et-pierreInclusion

À travers l’accès aux compétences et au savoir, nous aliénons les gens qui n’y ont pas accès. Nous pouvons utiliser ce privilège pour retourner les connaissances aux gens qui n’y ont pas accès. L’accès n’est pas seulement financier, il est aussi culturel. Être ouvert à comprendre d’autres cultures nous permet de transmettre de l’information de manière à ce que la personne puisse l’adapter à son context culturel. Donc, plutôt que dire ‘voici la vérité’, on peut dire plutôt: ‘’Voici certaines idées et comment je les applique à ma vie/culture/société. Comment les percevez-vous et comment les appliqueriez-vous?

 

Volonté de mettre en place une association bio-régionale:

Nous sommes très près physiquement de plusieurs permaculteurs dans le Nord-Est des États-Unis. Nous avons émis une volonté de continuer de travailler ensemble et de nourrir ces liens.

À venir

PAN planifie organiser une prochaine retraite à la mi-février pour continuer le travail. Restez à l’affût sur leur page Facebook.
Mycélium organisera une retraite sur l’éducation en avril avec Lisa DePiano, inspiré de plusieurs éléments qui sont ressortis durant la retraite au États-Unis.

Nous espérons que cet article a pu vous inspirer et nourrir votre flamme,

Pierre et Philip

Recent Posts